feuilleter plutôt par… ordre chronologique des peintures
septembre 2011
dimensions : H38xL41 cm
support : carton
technique : acrylique
dominante(s) : vert

Là-bas la mer est émeraude et les algues sont rouges, après que les pôles ont fondus, il ne reste plus que de l’eau, partout autour, et quelques forêts là où, avant, à plus de 6000 mètres, il n’y avait que roche et glace. Désormais c’est la jungle, et le sang coule.

On raconte que quelque part dans ces forêts tropicales il reste un bloc de glace, un flocon de neige, quelque chose de l’ancien monde, quelque chose de gelé, de ralenti, de préservé, qui passe pour primordial, quelque chose de fragile qui indique peut-être la vraie nature du monde. C’est peut-être aussi le métal en fusion d’un volcan qui n’est plus cartographié ; un fragment de béton radioactif, feu éteint mais brûlant, et ses cadavres qui dansent autour ; un trait de peinture pas encore sèche ; un geste qui se prépare, dont les conséquences restent inconnues.

Et puis il y a ce velours vert et chaud trouvé au fond de l’océan, manteau tombé d’un bateau au cours d’une croisière d’inauguration et retrouvé longtemps après par des explorateurs, étonnés de voir là non pas une espèce de poisson des profondeurs, de ceux qui empruntent plus à l’imagerie extra-terrestre S.F. qu’à l’ichtyologie populaire, mais un simple manteau de velours, un manteau d’hiver, un velours vert, cette couleur sombre et rare, rare comme à la sortie de Grand Central, foule terne, rare aussi sur les murs du musée d’Orsay, un vert si rare qu’il est peut-être maudit, et si bas trouvé par hasard, dans sa chaleur paradoxale.

Un renfort plus clair soutient un vert qui ne sait pas s’il est gris, les fondations s’enfoncent dans une terre qui, on le sait, deviendra noire, ailleurs des lignes sont créées par des frontières inattendues, chaque chemin est la recherche – l’absolu recherché, la perfection traquée, quelque chose d’impossible qui passe par les pigments d’un autre siècle, le vert des feuillages des décors, ce vert oublié et relégué auquel un geste contemporain peut redonner vie et qui regarde en arrière le foisonnement rouge des sujets en son cœur.