feuilleter plutôt par… ordre chronologique des peintures
16 mai 2007

support : papier collé sur bois
technique : acrylique
dominante(s) : bleu

Cent pigments de lumière
Frottés d’ailes de papillons
De quelques fleurs trémières
Coupées dans le vermillon

Et les reflets posés
Sur angles effacent
Ce qui restait rosé
Plus que le bleu des faces

Entre ce noir trop brillant
Et ce sol vacillant
Qui croire

Les parfums lents
Les sépales dolents
Les fruits sont des mâchoires

Le problème du vase est le même problème que celui du buste. Soit quelque chose qui a été coupé, faites-le devenir, par cette opération même, entier. De la fleur, déduisez le jardin et ses arbres fruitiers. Du buste d’homme, mesurez la vie. Et si c’est un animal, calculez le troupeau. Utilisez les cornes du buffle ou du chapeau pour faire oublier que les pattes que l’on voit ne sont que de peinture. Une sphère placée ici évoque l’expression de la perfection, l’observateur en oublie la représentation et plonge dans la toile elle-même, dans les filets de cette fiction, c’est d’ailleurs peut-être notre propre reflet rouge qui est vu à l’envers sur le pied du vase, sur fond de, tout autour, l’obscurité derrière nous, tandis que le modèle lui-même, buffle ou bouquet, se laisse transpercer par le fond bleu, regardez : quelque chose éclate, le fond transperce le sujet, d’une certaine manière le dépasse, et ces raies de lumière blanche (solaire) nous montrent le chemin de la peinture hors de la toile : via photons, via jour. Quant aux fragments de nuits insérés ici, ils sont à compléter soi-même : vase, fleur, homme ou buffle, à chacun de choisir.