feuilleter plutôt par… ordre chronologique des peintures
1964
dimensions : L21xH29.7 cm
support : papier
technique : plume, encre de Chine
dominante(s) : noir

L’architecture ne peut pas mentir. Sauf une lézarde peut-être, qui se libère, ou une ombre, morceau d’ombre, faux reflet. La masse informe des arbres non plus, ne peut pas mentir, pourtant il faut bien lui donner forme. Un dialogue du regard et de la substance, de la nature et de l’humain.

Alors le geste doit trancher. Et le geste gratte le papier, use du noir le plus noir : ce sera comme ça et pas autrement. Jusqu’à la danse des arbres nus, au-dessus du chemin qui sinue ou s’ébauche.

L’angle soudain droit d’une cour carrée. Elle prend sur la matière. Carrée comme une fenêtre, mais pas de vide derrière. Simplement de l’herbe, fauchée peut-être. Un chemin, une cour, un portail. Pas l’obscurité des jours additionnés et clos.

Il y a le mouvement, ce qui passe autour de la vie, la vie qui est là posée fermement dans une maison, elle-même enracinée sur une pelouse bien tondue. Et d’autres vies passées, plus loin, derrière ces vitraux éteints.

Quelque part, on ne la voit pas, il y a une cachette d’enfants. Ils ont cassé les branches des arbres-pantins qui dansaient là, membres de la famille, squelettes de bois, ascendants lointains qui poussent sous forme végétale, désormais.

Les enfants respirent la terre meuble où s’enfoncent leurs genoux, ils ont creusé dans un taillis, fait feu et pyramides d’Égypte du bois cassé.

L’odeur humide de Septembre rentre par la fenêtre de la cuisine, on ignore tout du bénitier là-bas où plus personne ne va, mais on aime les arcs-boutants et leur puissance de réacteur — et l’ombre qu’ils donnent au petit matin.