feuilleter plutôt par… ordre chronologique des peintures
5 novembre 1996
dimensions : L32xH24 cm
support : canson
technique : aquarelle
dominante(s) : gris

La neige sur les champs
Trois promeneurs au loin sur le blanc
Chacun est précédé d’un chien noir
Le silence lointain de leur avancée contre le vent
Leurs semelles qui s’enfoncent
Par tassements successifs
À chacun de leur pas
Fait crissement de mousse et de pâte à gâteau
Et puis l’écho des bruits lointains et puissants
Qui arrivent atténués, amoindris
Semi-remorque devenu jouet essoufflé
Et l’écho des froissements infimes et proches
À nos oreilles assourdissants
Les anoraks constellés de flocons
L’hiver est une gomme passée sur le village
Plus d’histoire, plus de paroles, la neige a tout absorbé en recouvrant tout
Il ne reste en fin de journée que les traces des promenades
Que la neige de la nuit recouvrira également
Et demain il faudra recommencer à marcher
Pour déchiffrer dans les pas tracés effacés
Ce que dit le silence de l’hiver
Et alors on entendra résonner comme des mystères
Les jeux des enfants
Entre les congères venues après le sable du Sahara
Qui avait soufflé cet automne
Pellicule de lointain sur les pare-brises des voitures
Et dire que ça annonçait le mètre de neige où l’on s’enfonce
Le glissement des luges
L’impact des boules
Les branches cassées hérissant la plaine
Entre deux tentatives d’igloo
Briques blanches éparpillées au vent
Ruines instantanées et éphémères
Vite oubliées en rentrant devant la télé
Son chocolat chaud entre les mains [1]


[1Poème #2 pour Village, le #1 est ici. Le sable du Sahara et les congères parlent de l’hiver 1984-85.