feuilleter plutôt par… ordre chronologique des peintures
7 décembre 2014
dimensions : L31xH24 cm
support : canson
technique : crayon gras, pastel
dominante(s) : rose

Ou, du magma de ces années toutes mélangées et confondues, dont on se demande, à voir le peu de ce qu’il en reste en nous, de quelle façon chacune a pu durer trois cent soixante-cinq jours, comment peut surgir, quelquefois, comme un petit nuage blanc qui va aussitôt disparaître dans le trop grand ciel bleu, quelques maisons, quelques routes, un plan approximatif, une direction hésitante, un souvenir peu assuré, une sensation effacée ; un peu d’enfance.

Le centre du village. Perpendiculaire des deux routes qui font quatre rues, centre de gravité qui pose le village, le situe sur la carte comme un repère, une organisation du monde, l’origine même du monde : un angle droit, un nombre de degrés d’une route par rapport à l’autre (quatre-vingt-dix), un point central placé à la règle et voilà : le village existe. Une route principale est-ouest, ta rue nord, et puis le sud ; c’est le village, c’est le monde. Tu sais que ce croisement, reconnaissable sur toutes les cartes à partir d’une échelle suffisante, est le centre géographique du village, le village est fixé à la terre par ce point, la Terre entière sans doute fixée par ce point, puisque c’est d’ici que ta vie, toute vie, l’Univers, commence. Tu omets de signaler que ce centre est exact seulement si l’on retire le cimetière du plan. [1]


[1Extrait de Village.