feuilleter plutôt par… ordre chronologique des peintures
23 septembre 2012
dimensions : L61xH50 cm
support : toile
technique : acrylique
dominante(s) : rouge, bleu, vert

Ce serait le mouvement d’une fleur qui s’ouvre au matin, fin août, quand la pelouse a été brûlée par le soleil et la sécheresse, une fleur de briques aux sépales d’ardoises, une fleur gonflée d’une eau claire au visage carmin et aux reflets roses, violets. Ce serait ce mouvement décomposé, c’est à dire chaque instant de ce mouvement en un dégradé de gestes oranges qui signale, par empilement d’informations, l’ouverture du jour enraciné dans la terre. Ce serait l’architecture d’un jardin, d’un village, d’un tableau grand comme une parcelle, et sa géographie négociée par les siècles. Ce serait aussi faire face à cette terre, venir soi-même d’un ciel invisible avec, dans notre dos, oublié, une chute lente, qui aurait pour réceptacle ce plan idéal, ce cadastre floral, cette théorie possible de la peinture. Et ce ne serait rien de tout ça, car ce serait aussi les couleurs pour elles-mêmes, sans l’interférence de la langue, de la culture, de l’inconscient, rien que les longueurs d’onde s’harmonisant comme en un chant du corps pour les yeux. Ce serait alors une partition unique, recherche d’une mélodie, des lignes de basses sombres s’ouvrant en notes contrastées sur un final vert paille.